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L’Union européenne rejoindra Pax Silica, une initiative dirigée par Washington visant à coordonner les contrôles à l’exportation et les co-investissements dans les puces avancées visant à ralentir l’essor technologique de la Chine, en particulier dans le domaine de l’IA.
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Ces dernières semaines, Bruxelles a débattu de l’opportunité de rejoindre l’initiative lancée par les États-Unis en décembre dernier pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales en puces d’intelligence artificielle, en minéraux critiques et en technologies avancées.
Le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde et l’Australie l’ont déjà rejoint, tout comme trois États membres de l’UE : la Grèce, la Finlande et la Suède.
Mais cette initiative n’a pas été sans critiques. La France a été parmi les plus sceptiques, la présentant comme rien de moins qu’une tentative de colonisation de l’Europe et en contradiction avec le programme de souveraineté technologique de l’UE, qui cherche à réduire la dépendance stratégique à l’égard des fournisseurs étrangers, y compris américains.
Les ambassadeurs de l’UE devraient néanmoins donner leur feu vert à l’initiative mercredi. Le même jour, Bruxelles présentera un ensemble de mesures visant à renforcer son indépendance technologique, notamment des mesures visant à accroître la demande de puces fabriquées en Europe et à garantir que les applications cloud du secteur public les plus sensibles restent hébergées en Europe.
Les entreprises américaines (Nvidia en particulier) dominent la conception de puces d’IA avancées qui sous-tendent les dernières générations de systèmes d’IA. L’Europe, pour sa part, occupe un point critique dans la chaîne d’approvisionnement à travers la société néerlandaise ASML, qui domine la production de machines utilisées pour fabriquer des puces.
La Commission européenne a fait pression sur les gouvernements de l’UE pour qu’ils rejoignent Pax Silica en tant que bloc, arguant que cela aiderait à se coordonner avec des partenaires partageant les mêmes idées dans les chaînes d’approvisionnement technologiques et créerait des opportunités pour les entreprises européennes.
La pression sur Bruxelles pour qu’elle adhère collectivement s’est accrue ces dernières semaines, après que plusieurs capitales européennes ont avancé de leur côté. Dans le cadre de l’accord commercial UE-États-Unis, le bloc achètera également « pour au moins 40 milliards de dollars (37 milliards d’euros) de puces d’IA américaines », selon le communiqué commun.
Paris et plusieurs autres capitales ont demandé des éclaircissements sur la gouvernance de l’initiative, ses relations avec le G7 et si elle pourrait compromettre l’autonomie réglementaire de l’UE, notamment en matière de contrôle des exportations et de filtrage des investissements directs étrangers.
L’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, en revanche, s’y sont montrés fortement favorables et ont souligné la nécessité pour l’UE de présenter un front uni face à Washington.
Après avoir consulté le Département d’État américain, la Commission européenne a confirmé que la Déclaration Pax Silica n’est pas juridiquement contraignante ; Il s’agit d’une déclaration politique qui n’interférera pas avec le processus décisionnel interne de l’UE.
Un feu vert des ambassadeurs mercredi serait la première étape formelle pour que l’UE rejoigne Pax Silica. Un soutien ministériel serait encore nécessaire, qui pourrait arriver la semaine prochaine, croit savoir Euronews.
