Le Parlement grec a levé mercredi l’immunité de 13 députés, comme l’ont demandé les procureurs européens et grecs enquêtant sur le vol présumé de millions d’euros de subventions agricoles de l’UE.
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ
Selon les autorités grecques, le réseau a fraudé au moins 23 millions d’euros depuis sa création, vers 2018.
Le vice-président du Parlement, Georgios Georgantas, a déclaré que les législateurs avaient voté à une écrasante majorité en faveur de la levée de l’immunité de 13 députés du parti conservateur Nouvelle Démocratie du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, impliqué dans le scandale.
Les politiques avaient demandé la levée de son immunité pour blanchir son nom.
Le Parquet européen (EPPO) de l’UE a annoncé des enquêtes sur 20 membres de Nouvelle Démocratie, parmi lesquels des législateurs actuels et anciens.
Les personnes faisant l’objet d’une enquête seraient convoquées dans le cadre d’écoutes téléphoniques légales, censées discuter des cas d’agriculteurs spécifiques et tenter fréquemment d’intervenir en leur nom.
Toutes les personnes impliquées nient tout acte répréhensible.
Beaucoup affirment que leur implication dans les dossiers des électeurs fait partie de leurs fonctions de législateurs.
“Le rôle d’un député est de s’intéresser au citoyen et, bien sûr, d’intervenir dans les questions qui ne peuvent être résolues en vertu de la législation en vigueur”, a déclaré mardi l’ancien ministre de l’Agriculture Costa Tsiaras, qui faisait partie des démissionnaires en avril, à la télévision d’État ERT.
Plusieurs hauts responsables politiques ont démissionné ce mois-ci, dont deux ministres et deux vice-ministres, provoquant un remaniement gouvernemental.
Le Parquet européen a indiqué que l’enquête concernait “une incitation à un abus de confiance, une fraude informatique et de fausses déclarations dans l’intention d’obtenir un avantage illégal pour autrui”.
Des dizaines d’arrestations
Les ministres ne peuvent pas être poursuivis indépendamment par les tribunaux grecs. Toute enquête doit d’abord passer par le Parlement, dans le cadre d’un processus fastidieux qui est souvent bloqué par la majorité des législateurs du gouvernement.
L’année dernière, la police grecque a procédé à des dizaines d’arrestations à la suite du scandale, même si les suspects n’étaient pas des hommes politiques.
Certains membres du gouvernement ont déclaré que l’enquête était politiquement motivée et ont critiqué les fréquentes fuites dans les médias.
Mitsotakis est intervenu dimanche, affirmant sur Facebook que le Parquet européen doit “prouver son objectivité”.
Le Parquet européen a détaillé pour la première fois l’arnaque en mai dernier, accusant les bénéficiaires de subventions de revendiquer des terres qui ne leur appartenaient pas et d’exagérer le nombre d’animaux dans les fermes. Certaines personnes recevant des paiements n’avaient aucun lien avec l’agriculture.
Le programme a débuté après que la politique agricole commune de l’UE a commencé à calculer les subventions basées sur la terre plutôt que sur le bétail en 2014.
L’enregistrement foncier incomplet à l’époque rendait floue la propriété dans une grande partie de la Grèce. Les agriculteurs ont donc été autorisés à déclarer leurs terres comme propriété d’autres régions du pays pour réclamer des subventions.
Mitsotakis, qui souligne que la fraude a commencé avant son arrivée au pouvoir en 2019, a promis d’emprisonner les “voleurs” responsables et de récupérer les fonds.
Des élections sont prévues en Grèce l’année prochaine et le parti de Mitsotakis est en tête des sondages d’opinion mais ne devrait pas obtenir une majorité absolue.
Sources supplémentaires • AFP
