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Une lettre circule au Parlement européen mettant en garde contre la concentration qui pourrait résulter du système d’attribution de quotas contenu dans l’accord commercial UE-Mercosur et contre le risque d’abus par les grandes entreprises agricoles sud-américaines.
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Le document, envoyé au commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen et au commissaire au Climat Wopke Hoekstra, intervient alors que l’accord entrera provisoirement en vigueur dans une semaine (le 1er mai), malgré les avertissements des agriculteurs européens concernant la concurrence déloyale des importations latino-américaines.
“Sur des marchés déjà très concentrés, notamment au Brésil, il existe un risque élevé que les volumes soient captés par un nombre limité de grands groupes industriels ayant la capacité financière et administrative d’accéder aux quotas et d’opérer à travers des filiales situées en Europe”, peut-on lire dans la lettre.
L’accord, signé mi-janvier, entre l’UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay), réduit les droits de douane des deux côtés de l’Atlantique, créant ainsi une zone de libre-échange de plus de 700 millions de personnes.
Négocié depuis 25 ans, il comprend des contingents tarifaires pour des produits sensibles comme le bœuf et la volaille. 99 000 tonnes de viande de bœuf par an seront autorisées dans l’UE avec un tarif de 7,5 % et 180 000 tonnes de viande de volaille seront autorisées dans l’UE avec un tarif de 0 %, ces deux mises en œuvre étant échelonnées sur cinq à six ans.
Mais ces limites n’ont pas réussi à apaiser l’opposition en Europe. Le 21 janvier, le Parlement européen excité renvoyer l’accord à la Cour de justice de l’Union européenne pour évaluer sa légalité.
Système de quotas administré par les pays d’Amérique latine
La lettre, initiée par l’eurodéputé libéral belge Benoît Cassart, lui-même agriculteur, souligne le risque que les poids lourds de l’agriculture du Mercosur dominent l’accès aux quotas, l’accord permettant aux pays d’Amérique latine de gérer leur allocation. Il souligne également un règlement de la Commission adopté plus tôt cette semaine à Bruxelles qui met en œuvre cette disposition.
“Les quotas réduits permettent à certains grands exportateurs d’entrer plus facilement sur le marché européen et d’assurer des débouchés”, a-t-il déclaré. « Une fois ces relations commerciales établies, ils peuvent augmenter leurs volumes en exportant au-delà des quotas, cette fois de plein droit, mais toujours vers les mêmes acheteurs.
“Les quotas constituent un point d’entrée stratégique, permettant aux exportateurs d’étendre leur présence et de consolider leur position sur le marché européen.”
La lettre circulera parmi les députés jusqu’au 30 avril.
Le bureau de Cassart a déclaré à Euronews que les inquiétudes se concentrent en particulier sur le Brésil, où les quotas sont attribués en fonction des résultats d’exportation antérieurs ou de critères financiers et techniques favorisant des acteurs déjà bien établis.
Le géant brésilien de la viande JBS, fortement subventionné par Brasilia, fait partie des personnes visées.
La lettre demande à la Commission d’exclure la viande de bœuf et de volaille du système de gestion des quotas accordé aux pays du Mercosur, afin que le contrôle reste « entièrement et exclusivement » entre les mains de l’UE.
À défaut, il préconise l’introduction d’une clause de révision permettant une réévaluation basée sur des indicateurs tels que la concentration en volume et le nombre d’opérateurs bénéficiant des quotas.
