Saturday, July 25, 2026
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Emergency farming law: reintroduction of two banned pesticides splits political parties


Les députés français voteront lundi après-midi le projet de loi d’urgence agricole, dont la version définitive a été approuvée jeudi dernier par une commission mixte (CMP). Une loi dont l’adoption est loin d’être gagnée d’avance.


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Parmi les 78 articles contenus dans le projet de loi, un en particulier divise les forces politiques françaises : la réintroduction, à titre exceptionnel, de l’acétamipride et de la flupyradifurone – deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne – pour certains secteurs en difficulté.

L’année dernière, le projet de loi présenté par le sénateur Laurent Duplomb, qui prévoyait déjà le retour de l’acétamipride, s’est heurté à une forte opposition de l’opinion publique, débouchant sur une pétition largement soutenue. La disposition a finalement été annulée par le Conseil constitutionnel.

Un projet de loi qui divise, même au sein du gouvernement

Pour rallier ses troupes avant le vote, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué lundi à Matignon une réunion avec les principaux représentants de la coalition gouvernementale (Renaissance, MoDem, Horizons, LR), le groupe centriste Liot, ainsi qu’avec les ministres Annie Genevard, Monique Barbut, Mathieu Lefèvre et Laurent Panifous.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a affirmé samedi que la réintroduction des pesticides interdits se poursuivait “le principal point de conflit”.

“Faire échouer ce projet de loi à cause de l’idéologie, du calcul ou de la peur ruinerait complètement les espoirs des agriculteurs”a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.

La députée Renaissance Prisca Thevenot dit que “il est urgent que [the bill] être approuvé et mis en œuvre” mais ça “Sur 78 articles, il y en a un qui suscite des doutes” et met la législation “en danger de mort”. Elle est catégorique : “L’acétamipride ne devrait pas figurer dans ce projet de loi.”

Prisca Thévenot avait précédemment rappelé que le gouvernement pourrait “toujours présenter un amendement pour éliminer l’acétamipride” avant le vote final de lundi.

Le secrétaire général de la Renaissance, Gabriel Attal, avait également exhorté “le gouvernement présentera un amendement de suppression” pour l’article sur l’acétamipride, a indiqué à l’AFP un député des Républicains (LR).

Lundi en fin d’après-midi, des proches de Sébastien Lecornu ont toutefois confirmé que Matignon ne proposait pas de supprimer cette exception et préférait laisser le Parlement “décider” la question.

La version actuelle du projet de loi est soutenue par l’Assemblée nationale (RN), ainsi que par de nombreux députés de droite et centristes.

En revanche, la majorité des députés d’Horizons “semblent favoriser l’élimination de l’acétamipride”selon une source proche des pourparlers. Quant au MoDem, même si une source indique que “Le totem acétamipride continue de susciter des interrogations chez certains députés”aucune position commune n’a encore été rendue publique.

Préoccupations environnementales

Un an après la révolte contre la loi Duplomb, ce nouveau projet de loi divise une nouvelle fois la société française, au moment où le contexte climatique accentue les inquiétudes sur la protection de l’environnement.

Pour l’association environnementale Générations Futures, récupérer les pesticides interdits marquerait “Le virage mortel à 180 degrés du Sénat”.

Au contraire, le président de la Confédération générale des planteurs de meilleures sucrières (CGB), Franck Sander, estime que la réautorisation “de manière spécifique et réglementée” de flupyradifurone “C’est une condition essentielle de notre compétitivité lorsque tous les indicateurs clignotent au rouge”.

La réforme du stockage de l’eau pour l’irrigation agricole, prévue dans la loi agricole d’urgence, est un autre sujet de discorde. Plusieurs manifestations contre cette mesure sont prévues cette semaine, dont une manifestation lundi soir aux Invalides.

Toutefois, Annie Genevard considère que cette réforme est une “bon sens” étendue. “Si nous renonçons à cette loi agricole d’urgence, nous condamnerons les Français à importer des denrées alimentaires. Je ne l’accepterai pas”dit en X.

Le vote de ce projet de loi à l’Assemblée nationale, avant son approbation au Sénat mardi, intervient au moment où les récentes canicules placent à nouveau les questions environnementales au premier plan des préoccupations des Français.

Près d’un tiers d’entre eux (32%) considèrent désormais la protection de l’environnement comme un enjeu prioritaire, selon un sondage réalisé pour La Tribune Dimanche, ce qui représente une hausse de 12 points.

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