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Une cinquantaine d’agriculteurs se sont mobilisés lundi matin dans la région lyonnaise suite à un appel du syndicat Coordination rurale pour protester contre la hausse du prix des carburants liée à la crise au Moyen-Orient.
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Après avoir bloqué une vingtaine de tracteurs à proximité d’une borne de recharge de la raffinerie TotalEnergies de Feyzin, les manifestants ont emprunté l’autoroute A7 en direction de la préfecture du Rhône, escortés par les forces de l’ordre.
Vers 10 heures, le convoi était arrivé à La Mulatière et se dirigeait vers le quartier Confluence de Lyon, où d’importantes perturbations de circulation étaient signalées.
La contestation s’est poursuivie malgré un arrêté préfectoral pris dimanche interdisant tout cortège, marche ou manifestation dans la zone portuaire de Feyzin et d’Édouard-Herriot lundi.
Les autorités ont évoqué des problèmes de sécurité industrielle liés au stockage et au transport de matières inflammables et dangereuses à proximité de ce que la préfecture a décrit comme « une infrastructure importante dans la chaîne de distribution d’hydrocarbures ».
“La production est plus chère que jamais et les prix ne suivent pas le rythme.”
La Coordination rurale (CR), qui a organisé la mobilisation, exige un plus grand soutien du gouvernement en réponse à ce qu’elle décrit comme des « coûts de production explosifs » et des « prix non durables du carburant et du diesel tout-terrain (GNR) ».
“Les coûts de production sont plus élevés que jamais et les prix ne suivent pas le rythme”, a déclaré le syndicat dans un communiqué, avertissant que les revenus agricoles étaient soumis à une pression croissante.
“Nous ne voulons pas mourir la bouche ouverte”, a déclaré Cédric Archer, co-président de la Coordination rurale de Haute-Loire.
Mégane, une agricultrice des Côtes-d’Arey citée par l’AFP, affirme que le prix du gasoil agricole “a presque doublé” depuis le début de la crise au Moyen-Orient.
“Nous pensions que le gouvernement nous soutiendrait davantage pendant les saisons de récolte et de plantation, lorsque l’utilisation du diesel et l’activité des tracteurs sont à leur maximum”, a-t-il déclaré.
Le 21 avril, le gouvernement français a dévoilé des mesures d’aide d’urgence d’un montant de 20 millions d’euros pour les agriculteurs en difficulté, dont une augmentation temporaire de la réduction GNR à 15 centimes le litre pour tout le mois de mai.
Le paquet comprend également des paiements différés de sécurité sociale et d’impôts, un « prêt carburant rapide » pour les petites et moyennes exploitations agricoles et la suspension des taxes d’accise sur le carburant pour tracteurs en avril.
Le diesel agricole bénéficie déjà de taxes préférentielles qui coûtent à l’État français près d’un milliard d’euros par an.
Mais les syndicats agricoles affirment que ces mesures sont loin de répondre aux besoins. La FNSEA, le plus grand syndicat agricole de France, demande une aide au carburant de 30 centimes le litre.
“Le plan reste largement insuffisant”, a déclaré jeudi dernier le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. “Les prix du GNR ont augmenté de 60 à 80% pour tous les agriculteurs, alors que la stratégie du gouvernement ne profitera qu’à une minorité.”
