Thursday, June 4, 2026
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Constrained flexibility: Which European countries have the highest job insecurity?


Cela peut paraître paradoxal, mais pour de nombreux salariés en Europe, le travail temporaire est une condition constante.


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Environ un travailleur sur 11 dans l’UE travaille dans l’INE (abréviation d’emploi atypique involontaire). C’est ce qu’affirme Eurofound, la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail.

Être dans l’INE signifie que les gens sont obligés de passer d’un emploi à temps partiel, à durée déterminée ou dans l’économie des petits boulots à un autre, parce qu’ils ne trouvent pas d’alternatives stables, comme un contrat permanent à temps plein.

Selon Eurofound, le nombre réel de personnes travaillant dans l’INE pourrait même être supérieur à une personne sur 11, et les jeunes travailleurs seraient particulièrement touchés.

L’Europe semble divisée en trois groupes distincts en ce qui concerne l’INE.

Les pays dont le marché du travail est le plus instable, en ce sens, se trouvent tous dans la zone méditerranéenne, à l’exception de la Finlande.

L’Italie arrive en tête de liste, avec près d’un travailleur sur cinq bénéficiant de contrats temporaires ou à temps partiel involontaire, et la plus forte croissance de ce type d’emploi dans l’UE depuis 2006 (+6 %).

L’Espagne suit de près en termes d’emploi général de l’INE, avec 17 %, tandis que Chypre, le Portugal et la Grèce dépassent les 12 %.

Les taux les plus bas ont été constatés dans un bloc d’Europe centrale et orientale comptant des membres de l’UE relativement récents. Il y a ensuite un groupe de pays les plus riches (Autriche, Allemagne, Danemark, Pays-Bas et Irlande), avec une proportion plus équilibrée comprise entre 4 % et 5 %.

Qui est le travailleur type de l’INE ?

Selon Eurofound, les personnes occupant des emplois précaires sont « concentrées de manière disproportionnée parmi les travailleurs manuels ayant un niveau d’éducation primaire ».

En Europe, la moyenne a peu évolué au cours des deux dernières décennies, passant de 11 % en 2006 à environ 9 % en 2024, après un pic à 13 % en 2015.

Les femmes sont plus exposées que les hommes, les écarts entre les sexes étant les plus prononcés en France et en Allemagne, et les plus faibles au Royaume-Uni, en Pologne et en Lituanie.

Eurofound attribue cet écart à “une discrimination directe sur le marché du travail”, expliquant que certains contrats temporaires pourraient même être utilisés comme “un outil de sélection pour les travailleurs dont l’engagement est perçu comme incertain par les employeurs en raison de responsabilités familiales”.

Comment la Pologne et l’Espagne font-elles face à l’incertitude de l’emploi ?

La Pologne et l’Espagne ont deux points communs. Les deux pays comptent parmi les économies à la croissance la plus rapide d’Europe et disposent également de mesures visant à stabiliser le marché du travail.

La Pologne a connu la plus forte baisse des emplois dans l’INE au cours des deux dernières décennies, de près de 22 % en 2006 à seulement 7 % en 2024.

Cela est dû aux modifications du code du travail qui, depuis 2016, ont restreint le recours aux contrats temporaires et augmenté leurs impôts, les rendant moins attractifs pour les employeurs.

L’Espagne a résolu le problème en introduisant un contrat à durée indéterminée pour les travailleurs saisonniers ou intermittents (baristas, agriculteurs, personnel hôtelier) appelé discontinu fixe. Il s’agit d’un contrat cyclique, temporaire, renouvelé chaque année, sans date d’expiration. Lorsque la « haute saison » recommence, l’employeur est légalement tenu de rappeler le salarié au travail.

D’autres pays qui ont affiché des tendances à la baisse significatives sont l’Allemagne et les trois États baltes.

Amateurs de temps partiel : où les semaines de travail plus courtes sont-elles populaires ?

Dans le même temps, il existe une poignée de pays où les contrats INE (en particulier les contrats à temps partiel) sont un choix délibéré des travailleurs.

Aux Pays-Bas, 45 % des travailleurs à temps partiel ont volontairement choisi ce contrat plutôt qu’un contrat à temps plein. Ces types d’accords sont « répandus et ancrés dans la culture », affirment les chercheurs.

La Belgique voisine présente un taux de 25%, après l’introduction du “système de crédit-temps”, une série de lois visant à accroître la flexibilité du travail, “pour aider les travailleurs à concilier carrière et vie de famille”, note une étude de l’Université catholique de Louvain.

Dans le même ordre d’idées, Eurofound affirme que le temps partiel peut améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et soutenir la participation au marché du travail des groupes ayant d’importantes responsabilités familiales.

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