Le président français Emmanuel Macron a déclaré lundi lors d’une conférence internationale qu’il s’attendait à un investissement étranger “record” de 93 milliards d’euros, notamment pour l’intelligence artificielle et les centres de données.
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Environ 200 dirigeants du monde entier sont attendus au château de Versailles, à l’ouest de Paris, pour l’événement annuel “Choose France” de Macron.
La conférence de l’année dernière a établi un record de 20 milliards d’euros de projets annoncés.
Mais l’argent déjà promis pour cette année dépassera les 87 milliards d’euros réunis au cours des huit dernières années, selon un chiffre du bureau de Macron.
“Cette édition de Choose France permettra à elle seule de cristalliser un montant record de 93 milliards d’euros d’investissements confirmés, pour plus de 15 000 emplois. C’est évidemment une édition record et elle est historique”, a déclaré Macron.
Les promesses comprennent 45 milliards d’euros de la part de l’investisseur technologique japonais SoftBank, a déclaré Macron.
Son fondateur, Masayoshi Son, a annoncé ce week-end qu’il consacrerait 75 milliards d’euros aux infrastructures d’intelligence artificielle, dont 45 milliards d’euros d’ici 2031 pour des centres de données dans le nord de la France.
Macron a déclaré que les autres investissements seraient également consacrés à “l’intelligence artificielle, aux centres de données”, ainsi qu’aux semi-conducteurs, aux minéraux critiques, aux tracteurs et camions, à l’acier et aux soins de santé.
« Capacités informatiques en Europe »
Macron a déclaré que ces projets contribueraient à “faire de la France, de loin, le premier pays en matière d’hébergement de centres de données” et de “capacité de calcul en Europe”, ainsi qu’une “base avancée pour la production de robots à intelligence artificielle et pour l’industrialisation grâce à l’intelligence artificielle”.
“Nous comblons clairement l’écart que nous avions en termes de capacités informatiques en Europe”, par rapport aux États-Unis et à la Chine, a-t-il ajouté.
Le fils de SoftBank a déclaré que l’électricité nucléaire française était un facteur clé dans le choix de la France.
Nous pouvons désormais « convertir l’électricité, matière première, en intelligence de plus grande valeur », a-t-il ajouté, y compris pour l’exportation.
Le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield va investir 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) dans un data center dans la région d’Escaudain, dans le nord de la France.
La société d’investissement Ardian et la plateforme de données nordique Verne vont investir 5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) dans un centre de données en région parisienne.
La société américaine Salesforce a annoncé un investissement de 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) jusqu’en 2030, dont un centre d’intelligence artificielle à Paris.
Le groupe taïwanais Foxconn devrait investir 120 millions d’euros à Angers (ouest) pour une ligne de production de cartes mères dédiées à l’IA, en collaboration avec le spécialiste français des supercalculateurs Bull, ont indiqué des sources à l’agence de presse AFP.
Le géant de la vente au détail Amazon, qui a annoncé plus tôt ce mois-ci qu’il investirait plus de 15 milliards d’euros en France au cours des trois prochaines années, créant ainsi 7 000 emplois, a déclaré qu’il créerait 1 000 emplois supplémentaires dans trois centres de distribution.
« La plupart des investissements étrangers »
Des annonces sur les terres rares pourraient également être faites lors de la conférence.
Depuis le premier « Choose France » en 2018, un an après l’arrivée au pouvoir de Macron, plus de 230 projets ont été annoncés, représentant plusieurs milliers d’emplois, selon l’Elysée.
La France a attiré le plus grand investissement étranger en Europe pendant sept années consécutives, selon le cabinet de conseil EY, mais Macron a déclaré que cela “ne vient pas de nulle part”.
Selon EY, la France a attiré l’an dernier 852 projets sur 5 026 enregistrés dans 47 pays européens, soit une baisse de 17% dans un environnement international difficile.
Le pays a notamment attiré plus de projets liés à l’IA que partout ailleurs en Europe, mais l’industrie a souffert, notamment les secteurs de l’automobile, de la chimie et de la métallurgie.
L’économiste Sylvain Bersinger a déclaré que les annonces de Versailles “ne doivent pas occulter le fait que l’investissement global des entreprises en France est déprimé, que la réindustrialisation reste plus un vœu pieux qu’une réalité, et que la France n’apparaît pas nécessairement plus attractive aux yeux des investisseurs étrangers que ses voisins”.
Macron veut faire de la France un leader mondial de l’IA et a annoncé un investissement public de 1,55 milliard d’euros pour développer les technologies quantiques et semi-conductrices.
