ParEgle Markeviciute, EU Tech Loop avec Euronews
Publié le
L’Union européenne cherche des moyens de promouvoir l’utilisation et l’application de l’IA dans les entreprises européennes, stimulant ainsi la compétitivité et la productivité européennes, tandis que les décideurs politiques cherchent à simplifier les règles en matière d’intelligence artificielle et de protection des données afin d’alléger la charge administrative et d’éliminer les chevauchements de règles.
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Dans ce contexte, les données du récent rapport d’Eurostat enquête sur la question la plus fondamentale : pourquoi les entreprises européennes n’utilisent pas les outils d’IA, est très utile pour la poursuite du débat politique, notamment dans le contexte de l’AI Omnibus, du Digital Omnibus et des négociations sur le prochain budget de l’UE pour 2028-2032.
Manque d’expertise technique et problèmes de conformité
Les résultats les plus révélateurs parmi les moyennes et grandes entreprises concernent le manque d’expérience technique. Cette raison est citée comme un obstacle à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle par 10,51 % des entreprises employant entre 50 et 249 personnes et par 10,32 % des grandes entreprises employant plus de 250 personnes.
En outre, les entreprises européennes sont également préoccupées par la protection de la vie privée et des données, ainsi que par les conséquences juridiques floues : 7,95 % des entreprises de taille moyenne et 9,31 % des grandes entreprises expriment des inquiétudes concernant la protection des données et les violations de la vie privée, tandis que 7,51 % des entreprises de taille moyenne et 8,12 % des grandes entreprises signalent un manque de clarté concernant les conséquences juridiques.
De manière générale, les résultats sont très mitigés, suggérant que les entreprises européennes comprennent que les outils d’IA peuvent leur être utiles (seulement 2,09 % des entreprises de taille moyenne et 1,55 % des grandes entreprises les considèrent comme pas utile pour leur entreprise), mais ne sont pas en mesure d’exprimer clairement comment l’UE peut les aider.
Une enquête similaire, axée uniquement sur les entreprises à forte intensité de données et d’IA, serait extrêmement utile pour élaborer un cadre pour l’action législative future et pour définir les priorités du prochain cadre financier pluriannuel.
Raisons de ne pas utiliser les outils d’IA dans les entreprises de 50 à 249 salariés
Seulement 5,67% des entreprises emploient entre 50 et 249 salariés liste pour des raisons de coûts, les entreprises portugaises étant en tête du classement avec 9,56 %.
Le sentiment le plus répandu parmi tous est le manque d’expérience technique : 10,51% le considèrent comme la raison principale. 15,44 % des entreprises danoises, 14,63 % des entreprises allemandes et 13,99 % des entreprises finlandaises partagent ce sentiment et arrivent en tête du classement. Le Danemark et la Finlande sont généralement en tête des classements globaux en matière d’adoption de l’IA, cet aveu semble donc très réfléchi et critique.
6,38 % estiment que les problèmes techniques, tels que l’incompatibilité avec les équipements, logiciels ou systèmes existants, constituent le problème ; 11,82 % des entreprises finlandaises, 9,44 % maltaises et 9,42 % allemandes sont d’accord.
6,51 % des entreprises européennes estiment que le manque de données nécessaires les empêche d’adopter des outils d’IA, les Finlandaises 10,31 % et les Allemandes 9,12 % étant les plus critiques.
Les violations de la confidentialité des données et l’incertitude quant aux conséquences juridiques constituent le deuxième obstacle le plus cité, après le manque d’expertise technique. 7,95 % des entreprises européennes estiment que les préoccupations concernant la protection des données et les violations de la vie privée les empêchent d’utiliser des outils d’intelligence artificielle. Par ailleurs, 7,51% soulignent un manque de clarté quant aux conséquences juridiques.
Seules 3,45 % des entreprises ont cité des considérations éthiques comme raison pour ne pas utiliser d’outils d’IA.
Enfin, il semble que la majorité comprenne que les outils d’IA pourraient être vraiment utiles pour leur entreprise, avec seulement 2,09 % déclarant que les outils d’IA ne sont pas utiles pour leur entreprise.
Raisons de ne pas utiliser les outils d’IA dans les entreprises de plus de 250 salariés
L’opinion sur les raisons pour lesquelles les entreprises n’utilisent pas d’outils d’IA est similaire dans les grandes entreprises de plus de 250 salariés.
Seules 5,51 % des entreprises citent les coûts comme raison principale, tandis que 10,32 % citent le manque d’expérience pertinente, 6,02 % citent l’incompatibilité avec les logiciels et systèmes existants et 6,94 % citent le manque de disponibilité et de qualité des données.
Les grandes entreprises sont légèrement plus préoccupées que les PME par la confidentialité des données et les conséquences juridiques floues : 9,31 % expriment leur inquiétude quant aux violations de la vie privée et de la protection des données, tandis que 8,12 % citent un manque de compréhension des conséquences juridiques.
Seuls 3,36 % sont préoccupés par les considérations éthiques et seulement 1,55 % estiment que les outils d’IA ne sont pas utiles pour leur entreprise.
Cette histoire a été initialement publiée sur Boucle technologique de l’UE et a été partagé sur Euronews dans le cadre d’un accord.
