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Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a promis vendredi un nouvel instrument destiné à aider les entreprises européennes à diversifier leurs fournisseurs et à éviter les pénuries de matériaux essentiels en provenance de Chine.
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« La diversification nécessite désormais un instrument spécifique », a déclaré Šefčovič lors du Forum de Bruxelles sur la sécurité économique, organisé par le European Policy Centre et en collaboration avec Euronews. “Les récentes affaires industrielles, en particulier celles liées à la fourniture de puces et de terres rares, ont renforcé ma conviction qu’un changement radical est nécessaire.”
Cette annonce fait suite à la perturbation d’industries stratégiques européennes l’année dernière, lorsque la Chine a bloqué les exportations de terres rares (essentielles pour les technologies vertes et le secteur de la défense) ainsi que de puces utilisées par l’industrie automobile.
Cependant, une telle décision pourrait attiser davantage les tensions avec Pékin, qui a déjà menacé de représailles si l’UE fermait son marché aux entreprises chinoises.
« L’industrie doit faire sa part »
Šefčovič a ensuite déclaré à Euronews que cette approche impliquerait d’exiger des entreprises qu’elles s’approvisionnent auprès de trois fournisseurs différents, même si “que faire réellement de la proposition juridique” n’avait pas encore été déterminé.
La proposition garantirait que les entreprises ne dépendent pas exclusivement d’un seul fournisseur, comme la Chine. Toutefois, les entreprises européennes pourraient être réticentes à soutenir une telle mesure si elle augmente les coûts de production.
Le commissaire a déclaré que la sécurité économique était une « responsabilité » partagée et que les entreprises européennes devraient considérer les risques géopolitiques comme faisant partie de leurs « activités principales ».
“L’industrie est en première ligne. Nous devons les soutenir, mais l’industrie doit aussi faire sa part.”
En 2025, les autorités néerlandaises ont racheté le fabricant de puces Nexperia, craignant que son propriétaire chinois, Wingtech Technology, ne transfère ses opérations clés et sa propriété intellectuelle en Chine. Pékin a réagi en bloquant temporairement les exportations de puces essentielles aux produits Nexperia et à l’industrie automobile européenne.
La menace à laquelle l’Europe est confrontée ne vient pas uniquement de l’approvisionnement en puces. Cela vient aussi de la dépendance du bloc aux terres rares chinoises, dont 90 % sont raffinées et transformées par le géant asiatique.
Lors des tensions commerciales de l’année dernière avec les États-Unis, la Chine a également interrompu ses exportations de terres rares. Les expéditions ont repris après plusieurs semaines de négociations, mais la trêve n’a été conclue que pour un an, jusqu’en octobre 2026, laissant l’Europe avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus d’elle.
Les relations entre la Chine et l’UE sont de plus en plus tendues alors que Bruxelles prépare de nouveaux outils pour se protéger de la surcapacité chinoise croissante. Le bloc est confronté à un déficit commercial record de 359,9 milliards d’euros et continue de lutter pour rétablir des règles du jeu équitables avec Pékin malgré des efforts de dialogue soutenus.
Dans le même temps, les entreprises européennes se plaignent des pratiques commerciales déloyales de la Chine, tandis que plusieurs États membres (dont la France, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et la Lituanie) ont exhorté la Commission à adopter une position plus ferme au moyen de nouveaux instruments de défense commerciale.
Mais deux propositions de législation européenne (la loi sur l’accélération industrielle et la loi sur la cybersécurité) visant à restreindre l’accès au marché européen pour les entreprises chinoises ont déjà suscité des menaces de représailles de la part de Pékin, soulevant la possibilité d’une guerre commerciale si l’UE allait de l’avant.
