Mariano Ordaz, un retraité de 67 ans a finalement été expulsé jeudi dernier, de la maison où il avait vécu toute sa vie dans le quartier des Embajadores, dans le centre de Madrid, au moment de l’exécution du cinquième ordre d’expulsion. À quatre reprises, la pression des voisins avait réussi à arrêter le processus ; Cette fois, ce n’était pas possible.
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Dès le petit matin, un grand spectacle de La police nationale a bouclé la zone avec jusqu’à huit camionnettes et quatre voitures de patrouille.. La porte-parole du Syndicat des locataires de Madrid, Carolina Vilariño, a résumé la situation sans ambages : trop d’agents pour expulser un retraité de sa maison.
Ordaz ne sait plus ce qu’il va faire. Il pense qu’il pourra aller dans un refuge pendant quelques semaines et un ami lui a proposé une chambre pour environ 400 euros. Il n’a pas d’autre option de logement.
Un propriétaire avec vœux de pauvreté et plus de 300 appartements
Le propriétaire du bâtiment est le Vénérable Tiers-Ordre de Saint François d’Assise (VOT), une institution religieuse qui, selon ses détracteurs, gère ses actifs selon une logique plus proche de celle d’un fonds d’investissement que celui d’une congrégation religieuse. L’ordre possède plus de 300 appartements rien que dans le centre de Madrid.
Plusieurs locataires des immeubles de VOT soulignent ses particularités en tant que propriétaire : on leur a proposé un loyer légèrement inférieur au prix du marché en échange de la rénovation de l’appartement eux-mêmes, car les immeubles étaient en très mauvais état. L’entretien des parties communes était un désastre : fuites, vitres cassées, lumières qui ne fonctionnaient pas, canalisations pleines de rouille.
L’histoire d’Ordaz correspond à ce modèle. Après la pandémie, il a perdu son emploi et n’a pas pu se permettre les augmentations de loyer. Lorsqu’on lui a dit qu’il devait payer 800 euros par mois plus une dette accumulée de 15 000 euros, il a compris que c’était impossible. Je devais encore manger et payer l’électricité et l’eau.
la commande justifie l’expulsion en affirmant qu’il est nécessaire d’effectuer des travaux en raison de la détérioration du bâtiment. Mais l’Union des Locataires estime le contraire : elle affirme que « l’état déplorable » de la propriété est dû au manque d’entretien par les propriétaires eux-mêmes, et que ceux-ci ont utilisé cette détérioration comme prétexte pour procéder à l’expulsion et vider l’immeuble.
L’organisation soutient que l’ordre franciscain n’est pas un petit propriétaire foncier, mais une organisation possédant de vastes actifs immobiliers exonérés d’impôts et qui gère également des centres de santé tels que l’hôpital VOT San Francisco de Asís.
Sans moratoire et porte ouverte à des milliers d’expulsions
Le cas de Mariano ne peut être compris sans le contexte politique qui l’entoure. Le moratoire contre les expulsions a expiré au Congrès le 26 février après que les partis de droite ont voté contre. Avec son abrogation, le Syndicat des Locataires prévient que des gens comme Mariano ont perdu l’un des rares outils dont ils disposaient pour se défendre.
L’Union prévient que Cette affaire ouvre la porte à une vague pouvant atteindre 60 000 expulsions de familles vulnérables cross-country. organisations de locataires tenir les différents niveaux de gouvernement responsables: la Délégation Gouvernementaleil gouvernement central pour n’abrogez pas la loi bâillonle ministre du Logement, le Communauté de Madrid et la Mairie de Madrid.
Le 24 mai, une manifestation a été convoquée à Madrid sous le slogan “Le logement nous coûte la vie. Baissons les prix”, qui partira d’Atocha à 12h00.
Madrid, le marché immobilier le plus tendu d’Espagne
L’expulsion de Mariano n’est pas un cas isolé ; Selon les organisations de quartier, c’est le symptôme d’un marché brisé. Le marché locatif a connu 44 mois consécutifs de hausse sur un an, une séquence qui a débuté en mars 2022. Depuis, les prix ont grimpé de 33 %, expulsant de plus en plus de familles du marché.
À Madrid, le quartier central a vu une hausse des loyers de 21% en un an seulementet les prix descendent rarement en dessous de 2 000 euros par mois. Que un ordre religieux possédant des centaines d’appartements dans le même centre-ville choisit d’augmenter les loyers jusqu’à ce qu’ils deviennent inabordablespuis recourt aux tribunaux pour exécuter les expulsions, donne à l’affaire une signification qui va bien au-delà d’un litige entre propriétaire et locataire.
La hausse des loyers et des prix de l’immobilier chasse de nombreux Espagnols du marché immobilier, malgré le récent rebond économique. Les salaires n’ont pas augmenté au même rythme et, selon les analystes, l’essor du tourisme et la croissance démographique dans les villes, tirées par l’immigration, ont encore restreint l’offre.
