Monday, March 2, 2026
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Arrests in French far-right activist murder case follow misinformation about suspects’ identities


Sur les réseaux sociaux, des militants et des hommes politiques d’extrême droite ont diffusé les noms de plusieurs personnes qui, selon eux, étaient impliquées dans le meurtre de Quentin Deranque, un militant d’extrême droite de 23 ans qui a été mortellement battu par un groupe de jeunes dans la ville de Lyon le 12 février et est décédé deux jours plus tard.


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Selon le parquet français cité par les médias français, quatre hommes d’une vingtaine d’années ont été arrêtés mardi soir. Parmi eux, Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député d’extrême gauche France Indomptée Raphaël Arnault.

Arnault est également co-fondateur de Jeune Garde, une organisation antifasciste dissoute par le gouvernement en juin 2025.

La nouvelle fait suite à une avalanche de récits contradictoires et de désinformation sur l’identité des suspects, survenus avant les arrestations, accompagnés d’une série de fausses images de Deranque.

Qu’est-ce qui a conduit à la mort de Deranque ?

Les événements qui ont conduit à sa mort se sont produits en marge d’une conférence organisée par l’eurodéputée d’extrême gauche Rima Hassan à l’Institut d’études politiques (plus communément appelé Sciences Po).

Selon le témoignage du collectif féministe d’extrême droite Némésis, Deranque et “une quinzaine d’autres hommes” étaient présents pour offrir une assistance en matière de sécurité lors d’une manifestation qu’ils ont organisée devant la conférence.

Dans sa déclaration, Némésis a affirmé que ces hommes ne pouvaient pas exercer leurs fonctions de sécurité car ils étaient persécutés par une foule de « militants antifascistes ».

Selon le parquet de Lyon, dans l’après-midi même, Deranque et deux autres personnes “ont été jetés à terre et frappés à plusieurs reprises par au moins six personnes”.

“Deux d’entre eux ont réussi à s’enfuir, tandis que Quentin Déranque est resté au sol”, a indiqué le parquet.

Bien que Némésis affirme que Deranque l’aidait à assurer sa sécurité, l’avocat de sa famille a déclaré le 13 février qu’il n’était “ni agent de sécurité, ni membre d’un service de sécurité ou majordome” et qu’il n’avait “pas de casier judiciaire”.

Des militants de gauche attaqués malgré le manque de preuves

Les noms, adresses et photographies de plusieurs suspects présumés ont été partagés en ligne, bien que leurs noms ne figurent pas parmi les suspects officiellement annoncés au public, les exposant ainsi que leurs familles au harcèlement en ligne.

Dans une série de publications sur les réseaux sociaux, Blandine Bardinet a été identifiée comme l’un des suspects présumés, notamment par des militants d’extrême droite, comme Damien Rieu dans un post X désormais supprimé.

Rieu a partagé plusieurs images sans rapport de la jeune femme ainsi que des séquences vidéo du meurtre de Deranque, dans le but apparent de souligner le fait qu’elle portait le même manteau que l’un des agresseurs du jeune homme.

Ndong Eurydice, une élue locale du parti d’extrême droite Reconquête, a également divulgué le prénom et le nom de Bardinet, affirmant qu’elle avait été « formellement identifiée », même si ce n’est pas le cas au moment de la rédaction de cet article.

L’avocat de Bardinet, Raphaël Kempf, a déclaré à l’équipe de vérification des faits d’Euronews, The Cube, qu’elle engagerait des poursuites judiciaires contre les personnes qui diffusaient de fausses informations sur Bardinet.

“Des plaintes seront déposées contre les personnes qui continuent de diffuser ces mensonges et devront s’expliquer devant le tribunal”, a-t-il indiqué dans un communiqué envoyé par courrier électronique. “Depuis plusieurs jours, plusieurs influenceurs d’extrême droite font office d’enquêteurs et de procureurs de la police, traitant leurs partisans comme un jury et citant des noms, incitant à des vagues de haine et de menaces.”

“Dans leur quête de vengeance, ils ont identifié à tort Blandine Bardinet comme étant présente à Lyon, dans l’après-midi du jeudi 12 février, sur les lieux de la mort de Quentin D.”, a-t-il précisé. “Ils n’ont pas hésité à agrémenter leur théorie d’une fausse analyse d’une capture d’écran.”

Kempf a rejeté les allégations selon lesquelles sa cliente aurait pu participer au meurtre de Deranque, affirmant qu’elle avait “quitté la France pour se rendre à l’étranger la veille, mercredi 11 février, pour un séjour prévu de plusieurs mois”.

“Il est donc clair qu’elle n’apparaît pas sur la photo et qu’elle a été identifiée à tort par Damien Rieu, Mila Orriols, Jean-Eudes Gannat, Eurydice Ndong et l’UNI, entre autres”, a-t-il ajouté.

Selon des publications sur les réseaux sociaux, Bardinet aurait été impliqué dans le mouvement antifasciste de la Jeune Garde.

“Blandine Bardinet était une militante de la Jeune Garde, animée par ses convictions antifascistes et la nécessité de lutter contre l’extrême droite et la diffusion de ses idées et pratiques”, a déclaré Kempf. “A partir du 12 juin 2025, elle se conforme au décret qui dissout la Jeune Garde.”

Dans un communiqué publié dimanche, la Jeune Garde a nié toute responsabilité dans ce qu’elle a qualifié d'”événements tragiques” survenus à Lyon, précisant avoir “suspendu toutes ses activités” suite à la dissolution.

Dans une interview accordée le même jour à la chaîne publique française France 2, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a souligné la possible responsabilité de la Jeune Garde dans l’assassinat de Deranque.

“L’enquête permettra de confirmer s’il s’agissait ou non de militants de la Jeune Garde”, a-t-il déclaré. “Mais les preuves vont clairement dans cette direction.”

Le parquet de Lyon n’a pas répondu à nos questions sur l’identification formelle des suspects, à la suite de différents médias français qui, citant des sources policières, affirmaient que les enquêteurs avaient « formellement » identifié cinq suspects, amplifiant les spéculations autour des noms partagés en ligne avant les arrestations de mardi.

Lors d’une conférence de presse lundi, le parquet a confirmé que Deranque avait été agressé “par au moins six personnes”.

De fausses photos de Quentin Deranque diffusées sur Internet

Ailleurs sur les réseaux sociaux, plusieurs photographies prétendument montrant Deranque circulent sur les réseaux sociaux depuis l’incident.

En fait, la seule photo authentique de lui publiée par sa famille est celle publiée dans le journal français Le Figaro.

Une image, largement partagée et censée montrer Deranque, représente en réalité Dylan Guichaouareprésentant local de la branche jeunesse du parti d’extrême droite Rassemblement national dans le département des Pyrénées-Atlantiques.

L’image de Guiachaou est également apparue sur les drapeaux français déployés lors d’un événement hommage à Paris dimanche.

En réponse aux messages viraux, Guichaoua a publié une déclaration sur Facebookdénonçant l’abus de son identité, affirmant qu’il n’avait “aucun lien avec les événements précités, et encore moins avec l’attentat et la mort de Quentin”.

D’autres images supposées de Deranque avec la légende « il s’appelait Quentin » utilisent en réalité la photographie de Quentin Pironun Belge de 23 ans décédé dans un accident de la route en 2024.

L’intelligence artificielle a également été utilisée pour générer des images de Deranque, qui ont à leur tour été collectées par des comptes d’extrême droite, avec des légendes telles que “L’extrême gauche tue. Je soutiens Quentin”.

Au total, The Cube a identifié au moins six fausses images de Quentin circulant sur Internet.

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