La France a montré mardi sa puissance militaire et son unité avec ses alliés, en organisant le plus grand défilé national de son histoire avec le président ukrainien comme invité d’honneur alors que le réarmement européen s’accélère face à la guerre de la Russie contre l’Ukraine.
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Pour le défilé final du 14 juillet présidé par le président Emmanuel Macron, l’événement a réuni des milliers de soldats français mais aussi deux douzaines de chefs d’État et de gouvernement étrangers, dont le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et des centaines de soldats européens.
Le défilé, qui marque la prise de la Bastille pendant la Révolution française, a lieu un jour après que Macron a accueilli un nouveau sommet des alliés de l’Ukraine, environ quatre ans et demi après l’invasion russe à grande échelle de son voisin.
Parmi les autres dirigeants européens qui ont assisté au défilé figuraient le chancelier allemand Friedrich Merz et, lors de l’un de ses derniers engagements à l’étranger, le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui a dirigé avec Macron les efforts européens pour soutenir l’Ukraine mais qui démissionne maintenant.
Avec près de 6 700 soldats, 98 avions, 31 hélicoptères et 315 véhicules, un nombre record de militaires ont défilé sur le tracé traditionnel entre l’Arc de Triomphe et la place de la Concorde.
Le défilé avait pour but d’illustrer “le réarmement de la France, l’autonomie stratégique de la France et l’éveil stratégique de l’Europe”, a déclaré un responsable présidentiel français.
“Ce qui se passe, c’est une Europe unie et déterminée à soutenir l’Ukraine contre la Russie, une Europe sûre d’elle-même”, a déclaré la vice-ministre de la Défense Alice Rufo sur la radio RTL.
“Au prix du sang”
Des dizaines de milliers de personnes ont bravé une canicule torride pour assister aux célébrations dans le centre de Paris, après avoir obtenu des codes QR spéciaux leur permettant de franchir le périmètre de sécurité.
Environ 500 soldats de la soi-disant Coalition des Volontaires, composée principalement de nations européennes soutenant Kiev contre Moscou, marchaient. Symboliquement, 25 soldats ukrainiens ont suivi les troupes des membres de la coalition.
Macron, qui a plaidé pour une Europe stratégiquement autonome et moins dépendante des États-Unis, a déclaré lundi que l’Europe se battrait pour la liberté, même si cela nécessitait un bain de sang de la part de ses propres troupes.
“Le message que nous envoyons au monde est le suivant : oui, la paix est notre objectif”, a-t-il déclaré dans un discours traditionnel aux forces armées.
“Oui, nous valorisons la liberté et l’État de droit. Et oui, nous sommes prêts à nous battre pour les défendre. Toujours, et au prix du sang si nécessaire.”
Solidarité stratégique
Face aux menaces croissantes qui pèsent sur la sécurité européenne et au président américain Donald Trump considéré comme un allié imprévisible, le chef d’état-major de la Défense, le général Fabien Mandon, a décrit le défilé X comme “une incarnation physique de la solidarité stratégique entre nos pays”.
Mandon a provoqué une tempête à la fin de l’année dernière lorsqu’il a déclaré que la France devait être prête à “accepter de perdre ses enfants” dans un éventuel futur conflit avec la Russie.
Des pilotes ukrainiens formés en France copiloteraient deux Mirage 2000 français, appareils transférés en Ukraine pour défendre son espace aérien contre les drones russes.
Le défilé fait également suite à de nouveaux échanges entre l’Iran et les États-Unis au Moyen-Orient, qui ont fait craindre un retour à une guerre à grande échelle.
Le défilé militaire de cette année est le dernier de Macron en tant que président avant qu’il ne démissionne l’année prochaine après deux mandats consécutifs au cours desquels il a cherché à augmenter les dépenses de défense et à accroître la coopération avec ses alliés.
Dès ses premiers mois de mandat, le dirigeant français a profité du célèbre défilé du 14 juillet 2017 pour surprendre son invité d’honneur, récemment inauguré par Trump lors de son premier mandat.
Le défilé de cette année a également lieu 10 ans après qu’un chauffeur de camion a percuté la foule à la sortie d’un feu d’artifice du 14 juillet à Nice, dans le sud du pays, tuant 86 personnes et en blessant plus de 400.
Macron doit se rendre à Nice plus tard dans la journée, tandis que les Champs-Élysées devraient être remplis de supporters pour la demi-finale de la Coupe du monde France-Espagne mardi soir.
Sources supplémentaires • AFP
